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Paroles de femmes - De l’oral à l’écrit (1ère partie)
Vita Nessi a rencontré six usagères de camarada et retranscrit quelques moments de leur vie (extraits de son mémoire de licence, Faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation). Ces récits sont illustrés par des dessins à la gouache réalisés par Valentina Pini, étudiante à l’École Supérieure des Beaux-Arts.
Nous remercions Anna, Blanca*, Carmen*, Julia, Mariana* et Yawa*, qui nous ont confié, avec tant d’engagement et de confiance, leurs récits.
Pour voir la suite de l'exposition avec les interviews de Muriel Mérat et les portraits de Noel Ortiz, cliquez ici.
*prénoms fictifs
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Carmen
L’enfance espagnole...
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Carmen se souvient de son enfance passée en Espagne comme d’une période très dure. Sa famille était pauvre. Elle a dû travailler dans une cafétéria et en tant que paysanne, dès le plus jeune âge. Enceinte, sa mère avait fait une chute provoquant des complications à la naissance de Carmen. Pour cette raison, on a toujours pensé qu’elle n’était pas assez intelligente pour étudier. Elle n’est jamais allée à l’école.
l'histoire de Carmen continue... |
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Mariana
Le feu, la mort, le départ...
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La guerre civile en Angola a obligé Mariana à quitter son pays et deux de ses enfants. Elle habitait à Casenga, où, quand elle pouvait, elle vendait du poisson au marché :
« Non, je ne travaillais pas. Parfois je vendais du poisson dans la rue pour gagner un peu d’argent, c’était le poisson du río, mais il n’y en avait pas tous les jours, alors j’allais vendre seulement parfois ».
l'histoire de Mariana continue... |
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Julia
Le vert, le militaire, le départ...
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Au Cap Vert, Julia était paysanne. Elle vivait avec ses enfants et son mari, près de ses parents et de sa belle-mère. Le mari de Julia était un militaire, souvent en voyage. Selon Julia, c’est parce qu’il a mieux connu l’Europe que le Cap Vert qu’il a décidé d’émigrer en Suisse. Julia a rejoint son mari en 1989, et trois de leurs enfants ont suivi leurs parents plus tard. Au Cap Vert, Julia menait une vie dont elle a la nostalgie.
l'histoire de Julia continue... |
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Yawa
Les tissus, l’amour et le départ...
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Enfant, Yawa a été à l’école, pendant environ cinq ans. Ensuite, elle a dû arrêter pour apprendre le métier de commerçante. Plus tard, cette jeune commerçante de tissus a voyagé entre le Togo, le Nigeria et le Burkina Faso pour acheter et revendre des tissus. Grâce à son métier, dont elle parle avec enthousiasme, elle a appris à parler plusieurs langues et a connu différentes cultures.
Un jour, elle rencontre un hydrogéologue genevois, venu en Afrique pour travailler sur un projet. Ils tombent amoureux.
l'histoire de Yawa continue... |
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Blanca
Les doigts entre les étoffes...
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Blanca a dû travailler dès son plus jeune âge en tant que femme de ménage et garde d’enfants. Mais elle aurait voulu apprendre à coudre. Dans la famille où elle travaillait, on donnait des cours de couture à des jeunes filles et Blanca, en cachette, regardait et désirait être parmi elles, les doigts qui passent le fil dans des étoffes de qualité. Mais elle devait nettoyer, cuisiner, repasser.
l'histoire de Blanca continue... |
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Anna
La petite couturière napolitaine...
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La mère d’Anna a eu dix-huit grossesses et quatorze enfants. De ces quatorze enfants, neuf sont décédés quand ils étaient enfants. Anna a quatre frères encore vivants ; elle est la plus jeune. Elle a reçu une éducation basée sur les non-dits, sur les secrets et les châtiments. Aujourd’hui, elle ne comprend pas à quoi sert le jeu, elle qui n’a jamais joué, et qui n’a jamais eu de poupées. Dès l’âge de quatre ans, elle allait chaque jour coudre des habits, pour aider sa famille. Pas d’argent, et pas de temps, pour les poupées.
l'histoire d'Anna continue... |
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A camarada, des femmes d’origines, de statuts et d’horizons différents apprennent, entrent dans la langue écrite, exercent la langue orale et tissent des liens d’amitié.
Cette petite exposition, qui a été présentée dans le cadre de la fête annuelle de camarada en juin 2006, donne la parole à ces femmes.
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